Ciel Antérieur

La pensée chinoise, Marcel Granet

Tous les maîtres de l’ancienne Chine ajoutaient à des connaissances vastes la science de quelque spécialité. Tous étaient capables de parler de tout, très rares ceux qui se préoccupaient de donner un tour systématique à l’ensemble de leur enseignement. Chacun s’attachait à mettre en valeur l’efficace de la recette de sagesse qui constituait le secret de chaque école.

(…)

Il convient de ne jamais oublier qu’une « doctrine » chinoise doit être définie, non en tentant de déterminer les articulations d’un système dogmatique, mais en essayant de dégager une sorte de formule maîtresse ou de recette centrale. « Vous pensez sans doute – a dit, paraît-il, Confucius – que je suis un homme qui a appris beaucoup de choses et qui s’en souvient ? … Non pas : un unique (principe me suffit) pour (tout) embrasser.

(…)

Faire connaître les conceptions ou, plutôt, les attitudes propres à une Ecole ou plutôt, à une Secte, revient à tenter de découvrir le secret ou le maître-mot jadis révélé aux adeptes à l’aide des procédés qui conviennent aux enseignements ésotériques.

Ces secrets, bien entendu, ou ces maîtres-mots, les disciples les acquéraient, non de façon discursive, mais par voie d’initiation, à la suite d’un long entraînement.

 

(La pensée chinoise, p. 18-19)

 

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21/05/2021
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